Wednesday, April 29, 2015

NOTA BENE


Très important !

Tous les ans, c'est systématiquement la même salade : l'embouteillage de fin d'année universitaire. Et dire que je me tue à toujours ressasser les mêmes choses ! Dans mon cursus universitaire, il m'est arrivé de soutenir un certain nombre de travaux de recherche devant des jurys ; je n'ai jamais déposé de mémoire à moins de deux mois du terme fixé. C'est dire si j'étais toujours en avance ! Deux mois, ça vous laisse largement le temps de vous retourner, si d'aventure vous deviez connaître un pépin de dernière minute.

À propos de pépin, je me souviendrai - et lui aussi d'ailleurs - toujours de ce pauvre thésard (ce n'est pas moi qui ai relu sa thèse, malheureusement pour lui ; mais où était son directeur de recherche, je vous le demande ?!) en sociologie, à Strasbourg, il y a quelque temps maintenant, sur lequel les jurés extérieurs (le directeur de recherche regardait ses souliers !) se sont acharnés à cause d'une incroyable coquille trônant en première de couverture : "Analyse des facteurs sociaux et religieux en millieu urbain..." (au lieu de mi-l-ieu, avec 1 L). Une telle faute sur la première de couverture d'une thèse ! Ça vous laisse pantois, n'est-ce pas ?

Tout ça parce que notre thésard avait bouclé son travail à la va-vite (la couverture étant souvent faite au tout dernier moment, peu avant la reliure...).

Alors, pour la 1854ème fois sans doute, je mets en garde nos ami(e)s candidat(e)s à une soutenance quelconque : faites les choses longtemps à l'avance et évitez d'être toujours "à la bourre" !
Petit conseil en passant : les client(e)s le plus futé(e)s m'envoient toujours deux ou trois pages à corriger à titre de démonstration/évaluation, chose que je fais gracieusement dans les 48-72 heures. Comme ça, tout le monde gagne du temps.

Quant aux statistiques, je ne ferai pas le compte des travaux que j'ai eu à dactylographier + corriger alors que j'étais encore étudiant !!! Sinon, depuis 2007,  date de création de ce blog, j'ai dû "relire" une vingtaine de travaux universitaires par an, et "aider à la rédaction" à peu près complète d'environ deux à trois gros mémoires par an, dont une moitié de thèses, le record étant une thèse en sciences de l'éducation réalisée en 6 mois ! Il faut dire que le récipiendaire, aveugle, avait quasiment épuisé les délais impartis entre le DEA et la soutenance de la thèse de 3ème cycle (dix ans) ; il m'a contacté un peu plus de six mois avant la "deadline". Reçu avec les félicitations du jury. Je dois avouer qu'outre mes multiples formations universitaires (sciences exactes, lettres, droit, linguistique...), j'ai également tenu à suivre des formations en documentation (l'art de dénicher un document en un temps record), bureautique et dactylographie (= pouvoir saisir à la volée un texte dicté), création de sites Internet, retouche d'images (Photoshop), etc.
By the way, voici un petit échantillon de texte que j'ai été amené à retoucher (extrait de l'introduction d'une thèse de 3ème cycle) : en haut, l'original, en bas, la version révisée (clic gauche sur les images pour les agrandir).

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Monday, September 29, 2014

LE COIN DES THÈSARDS(E)S



Pourquoi ne pas dire les choses franchement ? Près de 80 % des mémoires universitaires et thèses que je relis régulièrement ont déjà fait l'objet d'au moins deux voire trois relectures par des "professionnels".

La longue pratique que j'ai des mémoires universitaires m'a montré que les directeurs de mémoires, a fortiori, de thèses, ont tendance à ne plus diriger grand chose car trop souvent absorbés par des activités administratives. Mais il y a aussi des considérations techniques que tous les directeurs de recherche ne maîtrisent pas forcément.

Un exemple tout bête ? Pour diriger une thèse de doctorat de médecine, il faut être professeur agrégé de médecine ou quelque chose comme ça. Certes. Mais cela fait-il du directeur de thèse un(e) expert(e) en bibliographie ?

Du coup, on se retrouve avec des étudiant(e)s de toutes obédiences - l'exemple de la médecine a été pris tout à fait par hasard - et absolument incapables de planifier une recherche bibliographique, puis de la présenter correctement.

Dans la pratique, une bibliographie de thèse c'est au moins 200 sources dont plus de quatre cinquièmes de sources écrites (ouvrages, articles). Reste ensuite à les présenter correctement.

Or beaucoup de directeurs de recherches ignorent apparemment qu'il existe, par exemple, des normes internationales régissant la présentation d'une bibliographie dans un essai. Et quand j'en parle à des étudiant(e)s, alors ils ouvrent des yeux tout ronds : "Ah, mais personne ne n'avait rien dit !".

Par parenthèse, la dactylographie devrait être enseignée dès l'école primaire comme c'est le cas chez les jeunes aveugles et mal-voyants. Ça vous donnerait des étudiants - à l'instar des Anglo-saxons, et surtout des Asiatiques - capables de saisir un exposé à la volée, donc de produire des tapuscrits bien plus confortables à (re)lire !

Mais je voulais parler d'autre chose : de la thèse.

Une thèse, on a un peu trop souvent tendance à l'oublier, ce n'est pas un super-mémoire de maîtrise - ou de master comme on dit maintenant. Une thèse, c'est une contribution notable à la connaissance portant sur une question donnée. J'invite ceux et celles que ça intéresse à faire une petite recherche sur l'Internet sur la thèse de doctorat de Claude Bernard - décidément, on ne sort pas de la médecine !

En fait, une thèse, c'est un essai qui renouvelle complètement la vision académique que l'on avait sur un sujet donné. En principe, cela ne saurait se limiter à une simple compilation d'autres travaux.

Le fait est que je lis de moins en moins de thèses, mais surtout de super-mémoires de master ! Nous allons, donc, faire rapidement le point.

1. Le statu quo ante. Une thèse commence généralement par un survol de l'état de la question, comme disait un de mes anciens professeurs. Ce qui veut dire que le/la thésard(e) prend les choses là où d'éminents collègues s'étaient arrêtés. Il s'agit d'apporter du neuf par rapport à ce que tous les autres ont dit et écrit jusque là. Conséquence : un juré de thèse chevronné commence par consulter...

2. La bibliographie. Ce qui veut dire que plus les sources sont récentes, mieux ça vaut. Vous avez compris que si vos sources ont plus de 2, 3, 4 ans d'âge, alors c'est que vous n'avez pas pu faire correctement l'état de la question.

3. Le modus operandi, en clair, la méthodologie. C'est fou de voir le nombre de thèses dans lesquelles il n'est pas dit un mot de la procédure adoptée, ni des motivations ayant conduit à cette thèse, des hésitations, échecs, changements de cap, réussites, etc. intervenus au cours de la recherche. Cela devrait constituer une évidence dans toutes les disciplines d'investigation (sciences pures et humaines, technologie, etc.). En clair, je commence par expliquer à mes futurs lecteurs pourquoi j'en suis venu à aborder cette question, ce qui m'a motivé à faire ce travail et ce que j'entends apporter de neuf à la culture ambiante. 

4. Les sources. Elles vont beaucoup dépendre du modus operandi, dans la mesure où certains document ayant suscité la recherche peuvent fort bien ne pas avoir été retenus dans la bibliographie, car s'étant avérés inadaptés voire inconsistants. Et c'est là qu'on voit que bibliographie et sources ne se recoupent pas nécessairement. Par exemple, on peut avoir été stimulé sur un sujet donné, après avoir consulté des sources sur Internet. Problème : inclure de manière massive des sources tirées de l'Internet dans la bibliographie d'une thèse ne fait pas très sérieux ! Néanmoins...

5. Internet est une source désormais incontournable, et ce pour une raison simple : rares sont les bases de données (bibliothèques nationales, revues spécialisées, etc.) qui ne pratiquent pas l'affichage en ligne, ce qui fait qu'un nombre désormais considérable d'articles sont accessibles en ligne sur les sites correspondants, de même que la BNF, par exemple, a mis en ligne un catalogue (Gallica) déjà imposant et tiré de son fonds, sans oublier Google... Par conséquent, un(e) bon(ne) thésard(e) doit savoir imposer ses vues face à un(e) directeur/trice allergique à l'Internet par pure méconnaissance de la chose.

Mais on peut tirer encore plus de choses de l'Internet, et pour ce faire, quelques trucs et astuces sont à maîtriser...

6. Astuces : puisqu'un bonne référence bibliographique est une référence physique - ouvrage, article, document audio ou vidéo dûment archivé, objet déposé dans un musée, une collection, une salle d'exposition, etc. - face à la difficulté de consulter, de visu, certains documents déposés dans de lointaines bibliothèques, un(e) bon(ne) chercheur/euse doit pouvoir y faire face en redoublant d'imagination.

Je pense, par exemple, à des interviewes très rares de Marguerite Duras - qui pourtant était fort appréciée des médias - qu'il a fallu transcrire entièrement - d'où l'utilité de la dactylographie - pour y dénicher quelques scoops.

Je pense encore à ceci : un ouvrage rare sur le droit de perpétuité de la propriété intellectuelle et édité en 1855. Problème, on est intéressé par un passage localisé entre les pages 17-19, mais le texte n'apparaît que sous la forme d'une image scannée et est trop long pour être retapé.

Question pratique : comment récupérer un texte de "n" pages en tous petits caractères, numérisé par Google, sans avoir besoin de tout retaper ?

Pour ça, il existe une petite recette qui requiert tout de même un minimum de doigté.

Réponse (peut-être) dans un prochain chapitre !

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Tuesday, May 08, 2012

THÈSES. MÉMOIRES. OFFRE SPÉCIALE


Communiqué

 
Tous les ans, c'est la même foire qui se répète aux mêmes dates : fin septembre, et parfois même courant octobre, on reçoit un mail ou un sms d'un(e) étudiant(e) "à la bourre", qui aimerait que son mémoire soit prêt sous 48 heures, parce que la soutenance a lieu dès le lendemain. Et en général, pour ne pas dire dans 99,99 % des cas, je dis "non !". (*)

Parce qu'une année universitaire dure au moins dix mois et ne saurait donc se jouer sur 24 voire 48 ou 72 heures ! Parce qu'un(e) universitaire, à partir d'un certain niveau (master et au-dessus) se doit d'afficher une rigueur méthodologique irréprochable. Et surtout, parce que j'ai pour ma part soutenu des mémoires dans six (2 x 3 = 6 !) disciplines universitaires différentes, et je me souviens que mes textes étaient toujours prêts (= imprimés et reliés) au moins deux mois avant la soutenance. Du coup, je suis devenu sans pitié pour les tire-au-flanc et les "je-m'en-foutistes". 

Par parenthèse, plus de la moitié des travaux universitaires que je reçois ont déjà été "corrigés" par des "collègues" voire par des directeurs de recherche pas toujours regardants. Exemple ! faut-il dire (écrire) "amener un livre" ou plutôt "apporter un livre", "c'est de cela que j'aimerais vous parler" ou "c'est de cela dont j'aimerais vous parler", "c'est là que je ne partage pas votre avis" ou plutôt "c'est là où je ne partage pas votre avis" ?

Réponse(s) :

1. On amène quelque chose ou quelqu'un qui se déplace à vos côtés : on amène le cheval à l'écurie, ou le vélo chez le réparateur, mais on apporte quelque chose que vous portez sur vous, un livre par exemple ! Dans le même ordre d'idées, on dit "pizzas à emporter" et non pas "à emmener" !

2. C'est de cela dont : faute grossière que l'on entend et lit tous les jours, y compris sous la plume des plus grands journalistes ou universitaires. Faute grossière parce que "dont" et "de cela" sont des synonymes ; il y a donc ici une grossière redondance !

3. C'est là où : pour saisir la faute, il suffit de remplacer "là" par son alter ego "ici". Vous dites au chauffeur de taxi : "c'est ici que je descends" et non pas "c'est ici où je descends" ! Le module grammatical "c'est... que" est un syntagme fonctionnant comme un bloc : "c'est" est inséparable du "que" qui le suit impérativement...


(*) Je n'ignore pas que les thèses se soutiennent à tout moment de l'année universitaire. Mais ce n'est pas une raison pour débarquer en catastrophe et me supplier de boucler un travail à la va-vite, car j'ai horreur du laisser-aller ! Autre chose : de nos jours, les soi-disant "directeurs de thèse" ne dirigent plus grand chose, ce qui me vaut d'être sollicité quasiment en qualité de directeur de thèse (du sujet à la rédaction complète, via le plan, la bibliographie...). Sachez juste que tout a un prix, chose que beaucoup de gens ont du mal à comprendre !

Autre chose ? À tous les candidats de la dernière heure, qui attendent le tout dernier moment pour vous presser de faire un travail à la va-vite, je dis généralement NON !


R. W. 

Siren 414 337 063
07.58.39.63.83 (souvent sur répondeur)
liberscriptus@gmx.fr

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